Wine Series #6 : Quels millésimes de Bordeaux boire en 2017 ?

Sortir une bouteille de la cave c’est bien, la sortir quand il faut, c’est mieux !

Et c’est pareil pour le vin que l’on achète pour consommer de suite. Quand on ouvre une bouteille, on préfère être sûr que c’est le bon moment pour le faire. Sinon, en plus de gâcher son propre plaisir, on imagine le vigneron froncer les sourcils et secouer la tête car l’on vient de ruiner le fruit de son travail avec notre tire-bouchon.

L’effet Millésime

Il existe trois facteurs météorologiques déterminants dans la maturation du raisin (qui débute en général en mars et se termine en septembre) : l’ensoleillement, la chaleur et la pluie.

  • l’ensoleillement, à travers le phénomène de photosynthèse, permet au raisin de produire du sucre et de développer les tannins présents dans la peau et les pépins
  • la chaleur lui permet d’abaisser son taux d’acidité
  • la pluie en revanche va avoir tendance à diluer le sucre et les arômes. Dans certaines conditions de pluies abondantes, elle peut même mettre en danger la bonne floraison du raisin

Vous l’aurez compris, c’est pour cela que les caractéristiques d’un même vin peuvent complètement changer d’une année sur l’autre : c’est ce que l’on appelle l’effet millésime. Les experts sont d’ailleurs capable d’identifier les qualités et les défauts de chaque millésime dès la rentrée de la récolte (et souvent avant).

Ces conditions météorologiques influent donc directement sur la structure d’un vin (à travers le développement de ses tannins) et donc sur sa capacité de garde. Plus le raisin aura de tannins, plus le vin sera structuré et plus longtemps il devra être gardé.

Il existe donc une fenêtre de temps, appelée apogée, durant laquelle un vin a développé tous ses arômes et assoupli ses tannins. C’est cette apogée qu’il faut connaître lors de l’ouverture d’une bouteille !

Bon du coup j’ouvre quoi en 2017 ?

Attention ! Le potentiel de garde va également fortement varier en fonction du château et de la façon dont a été vinifié le vin. Un millésime d’un très grand château se gardera souvent bien plus longtemps que la moyenne de tous les autres. Les millésimes que nous conseillons de boire en 2017 s’appliquent donc à beaucoup de vins, mais pas à tous. On est d’accord hein ? Pas de bêtise avec la cave du paternel !

Bordeaux rouge

  • 2013 : on vide les stocks

En 2013, le mois de juin a été extrêmement pluvieux et a nettement dégradé la qualité de la floraison des raisins. Le Château Malescasse, par exemple, n’a pas produit de 2013 du tout du fait de sa qualité jugée insuffisante. Le 2013 est donc un millésime à boire rapidement (ce qui ne veut pas dire qu’il est mauvais) !

  • 2012, 2011 : vin plaisir

Deux millesimes classiques, de bonne qualité. La plupart des vins de 2011 et 2012 sont bons à boire mais peuvent être gardés encore un peu.

  • 2008 – 2000, on peut ouvrir ! Exceptions sur 2005 et 2000

La plupart des millésimes entre 2008 et 2000 peuvent être débouchés, à l’exception des très grandes années 2005 et 2000. Pour ces deux millésimes là, si vous avez de bonnes bouteilles, mieux vaut les conserver précieusement encore quelques années !

  • Pas touche aux 2009 et 2010

Deux très grandes années à Bordeaux. On conseille de les conserver au minimum dix ans.

Bordeaux blanc

  • 2015-2012

Les vins blancs secs des Graves, Entre-deux-mers, Blayais, Bourg …, sont en général bons à boire assez jeunes. Extrêmement fruités ou plus minéraux, la palette est exhaustive et se révèle dès les plus jeunes années. Ces vins ne se gardent à la cave que pour une durée allant jusqu’à 5 ans.

  • Exception pour les Pessac-Léognan : attendre un ou deux ans de plus

Les Pessac-Léognan blancs sont en général plus structurés. Souvent élevés en barrique, ces vins blancs doivent être conservés quelques années avant d’être consommés. Les bons millésimes peuvent ainsi se conserver plus de 10 ans (2008, 2009 par exemple), mais on peut les boire à partir de 3/4 ans.

Bordeaux liquoreux

Les vins blancs liquoreux atteignent généralement leur apogée 3 ou 4 ans après leur mise en bouteille, exception faite des grands châteaux de Sauternes et Barsac qui doivent attendre entre 8 et 10 ans pour exprimer tout leur potentiel.

Et sinon cette bouteille de 1927, j’en fais quoi ?

Vous la gardez précieusement telle une relique du temps où Charles Lindbergh traversa l’Atlantique en avion 

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